Résumé de l’exposé de Jérome Corpel le 8 février 2004 à
l’occasion des conférences organisées dans le cadre du Salon International du
Brasseur Amateur de Saint Nicolas de Port
2004.
« Micro-brasseur : une activité professionnelle
complémentaire de mon emploi principal »
Jérôme a découvert l’univers du brassage amateur en Allemagne, alors qu’il y effectuait son service militaire en coopération.
L’idée ayant germé telle un grain d’orge prêt à malter, il
s’inscrit rapidement à l’Université d’Eté de Saint Nicolas de Port dont depuis
il ne tarit pas de congratulations et d’éloges.
Le germe du Brasseur s’était alors largement développé en
lui jusqu’à lui inspirer le projet audacieux de monter sa propre micro
brasserie.
Par humilité ou prudence, Jérôme choisit de garder son
emploi d’informaticien, et d’organiser soigneusement et scrupuleusement son
emploi du temps pour ne brasser que les week ends, préservant ainsi la place
nécessaire dans sa nouvelle vie bien comblée pour sa famille, et ses amis.
Mais monter une pareille
« entreprise » puisqu’il s’agit tout de même de cela passe par
diverses étapes dont Jérôme nous a fait l’exposé suivant les 5 chapitres
suivants :
1. de l’Idée
à l’Etude
D’abord, il faut s’atteler à étudier consciencieusement la
faisabilité du projet, cela passe par :
-
l’étude de l’environnement brassicole régional,
-
l’étude de l’historique brassicole régional,
-
l’étude du marché régional « le public est il prêt à
accueillir une micro brasserie ? »
Ensuite il faut trouver des sous :
-
montage d’un prêt personnel,
-
création d’une société inidividuelle,
-
mise en compétition des banques sachant qu’elles
communiquent activement entre elles et « savent apprécier l’émergence des
micro-brasseries modernes ».
Choisir parmi les inombrables possibilités par
exemple :
-
un seul conditionnement : 50cl,
-
50 l produits à la fois,
-
vente uniquement aux particuliers,
-
pas de mise en fût,
-
vente uniquement sur place, pendant la visite de la
brasserie,
-
en résumé : un mode de distribution adapté à la
capacité de la brasserie.
Savoir bien séparer ses activités professionnelles, brassicoles, et familiales pour garantir un équilibre pérenne :
-
brassage et activité brassicole uniquement le week end,
-
semaine consacrée à l’emploi principal,
-
soirées/vacances préservées pour la famille.
Rencontrer rapidement son centre de gestion local pour :
-
mettre en place sa comptabilité,
-
trouver un support pour le montage de la société.
2. de l’Etude
à la Concrétisation
Enterriner les accords avec les banquiers et partenaires
Il importe de bien choisir ses fournisseurs en fonction de critères tels que :
-
possibilité de commander simplement (via internet, email…)
-
nombre limité de fournisseurs pour réduire le temps
nécessaire à manager relationnel et commandes,
-
le nombre de produits : plus il est limité, plus le
choix des fournisseurs sera simple.
(dans son cas, Jérôme ne fabrique que deux types de bière : blonde et
ambrée).
Divers supports permettent d’assurer un bon lancement, notamment les media locaux, beaucoup plus efficaces en impact. Parmi les supports de lancement permettant de faire connaître l’activité :
-
les fêtes régionales,
-
la télévision locale,
-
la presse locale.
Quelques points importants pour optimiser les communications
faites sur le lancement d’activité :
-
collecter les retours du public, les appréciations et
suggestions,
-
renforcer l’allusion au terroir local,
-
renforcer l’atypisme de l’activité,
-
développer des associations avec d’autres produits
locaux :
exemple : la bière et la viande lancé en partenariat avec un éleveur de
bovins.
3. Fonctionnement
de la Brasserie
Un point lourd et crucial pour la santé de l’entreprise que ce soit concernant la comptabilité ou la relation avec les administrations, comme :
-
les douanes : déclaration des stocks (comptabilité des
matières premières), déclaration des ventes, et tenue d’un cahier de production
(feuilles de brassages),
de manière générale avec les administrations, il est toujours plus avantageux de
prendre les devants et aller de soi même rencontrer les organismes concernés
avant le début de l’activité afin de détendre d’emblée les relations…
Outre le brassage lui
même, la production de bière entraîne nombre de tâches lourdes dont l’étiquetage
pour lequel il faut parfois faire appel en renfort à de bonnes volontés parmi
son entourage…
La vente
Savoir vendre et gérer à
la fois stocks et opportunités est un art en soi, préparer les grandes
occasions (fêtes, évènements, …) ou savoir anticiper sur le calendrier de
brassage (pas de brassage pendant les fêtes de Noël = pas de stocks en
janvier… !)
Savoir mettre en forme
ses produits est un grand atout : inclure ces bières dans un « panier
de produits locaux » pour des comités d’entreprise est un exemple de mise
en forme payante.
4. Conseils
aux micro brasseurs
Anticiper en sollicitant de soi même les organismes officiels concernés :
- la DGCCRF (Direction Générale de la Consommation, de la Concurrence et de la Répression des Fraudes), organisme très dynamique et le plus souvent enclin à promulguer de précieux conseils,
- la DASS (Direction des Affaires Sanitaires et Sociales), organisme à voir très tôt pour prévenir d’éventuels problèmes de mise en conformité des installations (local, agencement, matériel, etc…),
- la Chambre des Métiers, grâce aux chèques conseils qu’ils sont à même de remettre au jeune entrepreneur, peut être d’une aide précieuse pour préparer le montage,
- les Banques, inévitables ? ne pas hésiter à les mettre en concurrence,
- Centres de Gestion, travaillent étroitement avec les Chambres des Métiers, et sont d’un support précieux pour la préparation comptable et financière de l’activité,
- L’Université d’Eté de Saint Nicolas, une formation d’une semaine, qui permettra au nouveau brasseur d’assimiler les bases du brassage en compagnie de professionnels dont l’expérience est un précieux trésor…
Prévoir sa trésorerie
Savoir anticiper sur l’imprévu : le test de lancement de distribution en fûts nécessite l’achat de matériels qui n’avaient pas été prévus à l’origine. (fûts, tireuses, etc…)
5. Conclusion
La micro brasserie est une alchimie délicate entre passion
et gestion dont les éléments indispensables sont :
-
la propreté,
-
le matériel de qualité et référencé,
-
l’équilibre du temps : gérer vie privée, vie
professionnelle et vie brassicole,
-
la recherche rapide d’un équilibre financier pour une
activité complémentaire, qui si elle coûte en temps et en efforts, a le mérite
de ne pas se transformer en gouffre…
La Brasserie Jephie est ouverte aux visites chaque 2e
Week End du mois, et vend sa blonde et son ambrée en bouteilles de 50 cl à 2,50
€ TTC.